Groupe d’information sur les éoliennes (La Roche-en-Ardenne) 

 Dossier sur les coûts et les nuisances des éoliennes 

 

Les subsides exagérés vont réduire le pouvoir d’achat des consommateurs d’électricité pendant les 15 prochaines années.

Le coût des subsides pour l’éolien

Le consommateur d’électricité et le renouvelable

      Les consommateurs, ceux qui devront payer les subsides éoliens ajoutés à leurs factures, devraient être mis au courant que des promesses de subsides éoliens les endettent à long terme. Leurs factures d’électricité seront inutilement plus élevées et vont diminuer leur pouvoir d’achat.

      Des tableaux Excel montrent les prix de différents systèmes de fourniture d'électricité pour 2007 et pour 2020 (avec des prix de combustibles fossiles multipliés par 2). Le volet éolien de ce tableaux est expliqué avec l'éolien offshore.

      Des groupes d’intérêts spéciaux font croire que les éoliennes protègent bien contre le réchauffement climatique mais elles sont peu efficaces pour leur prix.

       Il y a deux raisons de penser que les subsides pour l’éolien sont trop élevés :

  • d’une part, trop de projets d’éoliennes sont soumis par rapport aux nombre prévu (au moins 3 fois trop)
  • d’autre part les entreprises collectant des autorisations pour des parcs éoliens font des bénéfices exagérés, surtout que des éoliennes géantes ont des rapports puissance/prix améliorés et ne doivent pas payer de dédommagement pour l’impact plus nuisible qu’elles ont sur le cadre de vie des riverains.

Quel est le prix réel de l’électricité éolienne

      Une limite supérieure du prix de revient de l’éolien a été publiée, peut-être involontairement, par le lobby éolien EWEA (European Wind Energy Association), organisateur de « La Journée européenne du Vent ». Ce lobby propose le prix suivant : 40,8 €/MWh dans un document diffusé à cette occasion, un document dont quelques phrases sont traduites ici :« L’éolien peut concurrencer les autres options de génération électrique sur de bons sites ».

      Le document cite : « Par exemple, “Hydro-Québec”, le producteur d’électricité au Canada, a accepté des contrats avec les promoteurs éoliens pour installer 1000 MW de puissance éolienne dans la période 2006-12 au tarif moyen de 4,08 €cents/kWh pour une durée de 20 années. » La région des grands lacs est la plus venteuse des États-Unis, après les sommets des montagnes rocheuses. La valeur des subsides n'est pas indiquée.

       Les prix en Wallonie sont plus défavorables : « Les prix courants de la production d’électricité par l’énergie éolienne se répartissent depuis 6-8 €cents/kWh environ sur les sites ayant des vitesses de vent faibles à moyennes jusqu’à 4 à 5 €cents/kWh sur les bons sites du littoral. » La conclusion logique est qu'il ne faut pas installer des éoliennes aux endroits mal ventés mais le gâteau est si énorme que ceux qui contrôlent les autorisations sur ces sites ont encore un gros intérêt à avoir leur part.

       Le lobby éolien annonce que les prix vont baisser : « À long terme, si la capacité installée double dans les cinq prochaines années, le coût de production en 2010 pour une éolienne de moyenne puissance (jusqu’à 1,5 MW) sur le littoral pourrait être aussi bas que 3,1 à 4,4 €cents/kWh. » Il est donc urgent d'attendre cette baisse des prix qui permet de réduire par 3 les subsides.

Quel est le prix en Belgique, subsides compris ?

       Les Certificats Verts que l’éolien reçoit correspondent à un MWh délivré au réseau. Des fournisseurs d’électricité (par exemple Electrabel) achètent chaque CV à 90 € au lieu de 65 € pour éviter des amendes qui leur reviendraient à 100 €.

      Le prix des subsides est le double du prix de revient officiel et de 3 à 4 fois le prix de revient réel ! La valeur de l'électricité (prix "spot" sur EEX en 2007) avec des contrats garantis de livraison est de l'ordre de 30 à 40 €/MWh. Le prix pour des fournitures intermittentes devrait être la moitié (20 €/MWh) si le marché était libéralisé pour l'énergie renouvelable. L'électricité nucléaire a le prix le plus bas en Belgique en 2008.

       Il faudrait réduire les CV éoliens (de 90 à 55 €/MWh, soit des subsides réduits de moitié de 70 à 35 €/MWh) pour préserver le pouvoir d’achat des futurs consommateurs d’électricité, lesquels se font ainsi dépouiller sans s’en rendre encore compte. Un calcul complet des coûts de l'éolien montrerait que les CV éoliens pourraient être réduits jusqu'à 30 € mais il vaudrait mieux les supprimer totalement pour que le gouvernement ne soit pas accusé d'avoir laissé construire trop de parcs éoliens on-shore dont le réseau ne pourra accepter l'électricité que pendant les heures de pointe en hiver, forçant les abonnés au réseau à payer pour de l'électricité virtuelle.

      Comme l’éolien revient (avec les CV actuels) trois fois plus cher que l’électricité (nucléaire) importée de France et qu’il pourrait fournir 6 % de la consommation belge, son usage augmenterait les factures d’électricité wallonne de 9 % pendant 15 ans [94% + 6 % x 3 = 1,09 %]. Le nucléaire est beaucoup moins polluant que le couple éolien-centrales de backup. L'éolien va augmenter de 2,5 milliards/an la facture d'électricité en France.

       Le lobby des énergies renouvelables conteste le calcul  de l'Institut Montaigne mais les membres de ce lobby sont tellement intoxiqués par leur propre propagande qu'ils ne se rendent même plus compte de la fausseté de leurs raisonnements.

  • L'éolien offshore est apparemment plus cher que le terrestre car on n'indemnise pas et donc on ne comptabilise pas la perte de l'immobilier au voisinage des parcs éoliens. Vu les projets éoliens, cela ne peut être réalisé que par une forte proportion d'offshore.
  • Le prix de l'éolien va décroître, ce dont l'Institut Montaigne ne tient pas compte puisque le prix des aides et subsides à l'éolien n'a pas décru et ne semble pas devoir décroître.
  • L'éolien demande effectivement un renforcement du réseau rien que pour lui.
  • L'électricité intermittent vaut moins que l'électricité à la demande ou persistante et ce n'est pas parce que le marche libéralisé n'en tient pas compte que ce n'est pas vrai et ne doit pas être comptabilisé.
  • L'éolien a besoin de centrales d'appoint dont le prix augmente avec le prix du gaz naturel. Un calcul précis montre qu'un prix élevé des combustibles fossiles est défavorable à l'éolien par rapport au nucléaire.
  • Les centrales d'appoint émettent du CO2 et l'ensemble éolien TGV devra donc payer des taxes CO2 si celles-ci sont appliquées.
  • L'éolien ne supprime pas le besoin d'avoir une réserve thermique pour les jours sans vent.
  • La rentabilité exagérée des entreprises installant de l'éolien est avérée. Le prix des éoliennes sur le marché international (y compris celles construites en Inde et en Chine) est bien moins élevé que 1 M€/MW. La Commission européenne n'a jamais examiné si les fabricants d'éoliennes étaient organisés en un cartel (basé sur des brevets). Elle n'attaque que les monopoles américains (Microsoft, Intel).
  • Les taux d'intérêts sont aussi élevés pour l'éolien que pour le nucléaire et correspondent à ceux du marché.
  • Les informations des lobbies éoliens ne peuvent pas être utilisées dans des calculs fiables de prix et bénéfices.

Quand les consommateurs se révolteront

       Il a fallu une dizaine d’années avant que les Danois s’aperçoivent en 2003 des augmentations répétées et cumulatives de prix sur leur facture d’électricité (20% d’éolien produit à 3 fois le coût normal en 1998 entraîne des factures 40 % plus élevées [80% + 20 % x 3 = 1,40 %]). Ils ont alors voté pour un autre parti qui a supprimé les subsides à l’éolien. On n’y a plus construit une seule éolienne depuis 2 ans. Les Danois doivent cependant continuer à payer pendant encore une dizaine d’années les subsides qui avaient été acceptés tant qu’ils avaient confiance en leurs anciens dirigeants. La même évolution est attendue en Belgique mais elle sera lente tant que les médias sont acquis par les arguments des promoteurs éoliens.

      L’éolien a besoin d’un backup de puissance équivalente quand il n’y a pas de vent. Pour des raisons techniques, ce backup doit être fourni par du gaz naturel. Supposons que l’éolien belge produise 1 TWh avec 672 MW (1500 h/an, 17 % de facteur de charge), il faut des centrales TGV pour produire 672 MW, mais elles ne peuvent avoir qu’un taux d’utilisation de 83 % maximum, le reste étant disponible pour l'éolien. Comme les voitures qui circulent en ville avec des démarrages et des arrêts consomment plus que sur autoroute, ces centrales de backup ont un moins bon rendement que des systèmes fonctionnant sur une base régulière.

      Les quotas d'électricité sont un bénéfice pour les promoteurs ou un coût pour les consommateurs. C'est grâce à l'amende de 100 € sur les quotas non atteints que les CV se vendent à 92 €, proche de 100 €. En plus, le quota réalisé permet de vendre une même quantité de courant en prétendant que c'est de l'électricité verte dans laquelle des clients convertis à la religion écologique voient une valeur spirituelle. Ni le fournisseur ni le client vert ne doivent la payer à son coût, 3 fois plus chère.

        L’éolien a encore des coûts cachés : les grands investissements requis dans le réseau de transport électrique pour que quelques éoliennes de plus puissent s’y connecter sans provoquer de pannes générales.

Le quota sectoriel pour l’électricité

     Un règlement belge impose ce qui suit : « L’obligation faite aux fournisseurs d’acquérir un quota annuel minimum de certificats verts, calculé sur base de leur vente totale d’électricité. »

      Cette contrainte sectorielle (un quota d’électricité) est contre-productive car l’évolution du climat ne dépend pas de la façon dont les émissions de CO2 sont produites. Sans cette règle des quotas d’électricité, la région wallonne pourrait satisfaire au Protocole de Kyoto en installant plus de cogénération et en utilisant de façon plus rationnelle le bois et la biomasse de Wallonie plutôt qu’en installant de l’éolien qui est notoirement peu efficace en Wallonie.

       Comme il semble que la Flandre a eu la sagesse de pas imposer de quota d’électricité d’origine renouvelable, il s’agit donc d’un cas typique que les Flamands pourront citer pour démontrer que la Wallonie est mal gérée. Peut-être refuseront-ils de payer pour les CV wallons si la répartition des dettes de l’électricité est scindée dans le futur !

     Cette contrainte sectorielle n’a aucune justification sauf pour les groupes d’intérêts spéciaux qui veulent vendre plus d’éoliennes et plus d’équipements de réseau.

L’Ademe répond aux accusations

     « L'Agence de l'environnement et des énergies renouvelables (Ademe) a comme vocation la promotion des énergies renouvelables, et donc de l'éolien ». Cette déclaration de l’Ademe ne devrait pas être une excuse pour propager des informations biaisées, comme expliqué ci-dessous.

      De organisations médicales sérieuses ont fait des études concluant à la réalité des nuisances sonores des éoliennes, mais l’Ademe affirme froidement à ce sujet : «L'Agence française de sécurité sanitaire a conclu à l'absence d'impact des éoliennes sur la santé humaine ».

      Un paragraphe de ce texte de l’Ademe (en vert) est commenté en rouge. « Le coût éolien terrestre est de 85 €/MWh contre 68 € au prix du marché (Le prix réel des échanges internationaux pour l’électricité de base nucléaire est en moyenne de 30 €, de 40 € pour l’électricité à la demande venant du gaz naturel et seulement la moitié (15 €) pour de l’électricité intermittente), soit un surcoût de 17 €/MWh (70 € sur des données réelles) payé par le consommateur. En 2008, ce surcoût total reviendra à 92 millions d'euros (en fait 352 M€). Une partie (ou bien la totalité si les industries bénéficient du tarif nucléaire pour rester compétitives) sera répercutée sur les ménages ».

      Le chiffre de 68 € est ce qu'un document appelle : "prix moyen pondéré du MWh sur le marché". Cet indice suppose que le prix de l'électricité sur un marché libéralisé est le même quel que soit le types d'électricité (de base, intermittente, à la demande). Sur un marché libre et non manipulé, l'électricité intermittente est en moyenne vendue à moitié prix de l'électricité de base, soit 20 € au lieu de 40 € en 2008. L'indice de l'Ademe ne correspond à aucun prix sur des marchés libres mais intervient dans des règlements récents pour calculer la taxe CSPE (ajouts aux facture pour payer l'éolien. La CSPE française est embrouillée en y ajoutant  d'autres contributions peu importantes mais ajoutées pour faire croire que le CSPE est d'abord une contribution sociale, par exemple, pour financer l'électricité gratuite d'un compteur ne laissant passer qu'une puissance très limitée pour des personnes en difficulté).

      L’Ademe distingue un ménage se chauffant au fioul ou au gaz et un ménage se chauffant à l'électricité et qui paie 5 fois plus cher. L’Ademe ne précise pas que l’électricité nucléaire est à moitié prix la nuit et est la seule énergie utilisée pour le chauffage électrique des réservoirs d’eau chaude accumulant l’énergie calorique pour la journée suivante.

      En supposant que 25 % des 33 millions de ménages français se chauffent à l’électricité (c'est le cas de nombreux immeubles d'habitation et de maison du sud de la France ayant aussi un feu de bois), la répartition est la suivante : 25 M consomment 3,5 MWh/an ; les autres 8,3 M consomment, 17,5 MWh/an, ce qui donne 139 TWh au total pour les ménages ou 33 % de la production française de 415 TWh, le reste servant aux services publics, aux bâtiments d’entreprises , à l’industrie et aux pertes des lignes de transport et des centrales.

       Le prix de base de l’électricité est ici de 40 €/MWh de jour et de 20 € de nuit. Après avoir ajouté le coût du réseau, du système de distribution et les taxes, le coût facturé au client revient, disons, au triple, soit 120 €/MWh, y compris les redevances fixes pour les compteurs, un tarif très bas en France. Comme l'éolien entraîne des dépenses et des pertes supplémentaires sur les réseaux, cette multiplication des coûts de base par 3 est aussi justifiée pour les suppléments éoliens.

      Un ménage dépense ainsi 140 € par an pour son électricité de base (soit, 420 €/an). 25 % des ménages paient un supplément pour le chauffage à l’électricité de nuit, soit au total 420 €/an d’électricité de base (1260 €/an au total).

      La pénétration actuelle de l’éolien de 5,4 TWh/an en France (1,3 % du total ou 3,9 % de la consommation des ménages) sera compensée par les augmentations suivantes des factures : (8,85 € par an de base ou 26,55 €/an facturé pour les petits consommateurs et 44,25 € (133 €/an) pour ceux qui se chauffent à l’électricité. Ces suppléments seraient multipliés par 4 si la part de renouvelable passait de 1,3 % à 5 % pour la production d’électricité, soit, sur 15 ans, de 1593 € à 7964 €/ménage.

       La différence de prix entre le nucléaire et l'éolien va rester assez constante car le prix du combustible nucléaire est presque négligeable et les perspectives d'amélioration des rendements de centrales nucléaires sont supérieures à celles des éoliennes.

Les anomalies des quotas régionaux

     Les entreprises wallonnes devant avoir un quota de renouvelable ne peuvent pas utiliser leur part de CV de l’off-shore fédéral. Une anomalie supplémentaire en Belgique est un partage en 4 régions : flamande, bruxelloise, wallonne et fédérale. Les difficultés actuelles pour échanger les CV entre ces régions sont un piège kafkaïen pour que la Wallonie ne puisse pas profiter de sa part de quota des éoliennes off-shore. La région bruxelloise n'est pas encore forcée d'installer de l'éolien mais les dogmes écologiques pourraient modifier les décisions politiques.

      Pour produire autant que 200 éoliennes off-shore de 5 MW (1 GW), ayant un facteur de charge de 30 %, soit produisant 2,63 TWh/an, il faut 1,50 GW d’éoliennes on-shore, soit 500 éoliennes de 3 MW, avec un facteur de charge de 20 %. Il est donc meilleur, pour le climat, pour l’économie, et pour l’environnement paysager, que l’on installe des éoliennes off-shore plutôt qu’on-shore et qu’on évite des dépenses et saccages inutiles.

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